Au sein de l’atelier philosophique de l’E2C93, une classe de FLE (Français Langue Étrangère) a récemment exploré une forme littéraire aussi simple qu’exigeante : le “Je me souviens”, inspiré de l’œuvre de Georges Perec.
À travers ces fragments courts, parfois anodins en apparence, Perec donne à voir une mémoire du quotidien, faite de détails, d’images et de sensations partagées. Ce point de départ a permis d’ouvrir une réflexion accessible à tous : qu’est-ce qu’un souvenir ? Que choisit-on de retenir ? Et surtout, en quoi nos souvenirs nous relient-ils aux autres ?
Après ce temps de découverte, les stagiaires ont été invités à se prêter à leur tour à l’exercice. Chacun a écrit ses propres “je me souviens”, en français. Un défi linguistique, bien sûr, mais aussi un engagement personnel. Car écrire dans une langue que l’on apprend, c’est déjà prendre un risque ; écrire sur ses souvenirs, c’est accepter de se dévoiler un peu.
Très vite, les textes ont fait émerger des souvenirs d’enfance, des moments familiaux, des images parfois lointaines mais toujours vivaces. Derrière la diversité des parcours, des pays et des histoires, des points communs sont apparus : des émotions partagées, des situations universelles, des fragments de vie qui résonnent d’un élève à l’autre.
L’atelier a ainsi permis de mettre en lumière une dimension essentielle de la mémoire : elle est à la fois profondément personnelle et, en même temps, traversée par du collectif. Se souvenir, ce n’est jamais seulement se souvenir seul.
Au-delà de l’exercice d’écriture, cette expérience a aussi montré combien la philosophie peut trouver toute sa place à l’E2C93. Non pas comme une discipline abstraite, mais comme un espace de réflexion et d’expression, où chacun peut penser à partir de son vécu, mettre des mots sur son expérience et gagner en confiance.
Penser, écrire, se souvenir : autant de manières d’avancer.