La Fourche : changer d’échelle, garder le lien

La Fourche : changer d’échelle, garder le lien

Au départ, les colis se préparent à la main, dans un petit local de La Courneuve. Trois associés s’occupent eux-mêmes des expéditions. Leur voisin, c’est l’E2C93. La rencontre avec Thomas Guichard, notre responsable des relations entreprises, se fait presque sur le pas de la porte. Plusieurs années plus tard, les stagiaires des quatre sites de l’école retrouvent l’un des fondateurs dans un entrepôt d’une tout autre dimension, à Mitry-Mory.

De ce voisinage naît un partenariat durable. La Fourche cherche des stagiaires ; l’école, des entreprises où les jeunes pourront découvrir des métiers et éprouver leur projet. Un premier accueil en entraîne un autre. Dans une interview publiée en 2021, Boris Meton et Thomas Guichard racontent cette coopération : des stages en logistique et en préparation de commandes ont déjà débouché sur des embauches en CDD. Boris souligne la motivation des jeunes et son souhait de leur donner une chance.

Avant de parcourir les installations, Boris reçoit le groupe dans un bureau. Comment rendre les produits bio accessibles à davantage de personnes ? La question à l’origine de La Fourche devient le point de départ d’un cours d’économie concret.

Le modèle repose sur une épicerie exclusivement en ligne, accessible par une adhésion annuelle. La fidélité des adhérents permet de réduire certains coûts et les marges. Boris raconte les premières commandes, le bouche-à-oreille, la trésorerie apportée par les adhésions, puis les levées de fonds. Les jeunes découvrent comment une idée trouve progressivement les moyens de devenir une entreprise.

La Fourche compte désormais environ 400 salariés, répartis sur plusieurs sites. À Mitry-Mory, d’importants équipements automatisés assurent une partie du stockage et de la préparation des commandes. Derrière quelques clics apparaissent des métiers, des gestes et toute une organisation pour acheminer les produits jusqu’aux particuliers.

Mais l’attention des stagiaires se porte aussi sur les échanges entre les personnes. Boris semble connaître chacun par son prénom, des conducteurs de chariots élévateurs aux équipes de préparation et de manutention. La conversation est familière. Les explications sur la cooptation dans les recrutements éclairent les liens entre collègues.

Les jeunes découvrent une entreprise dont la taille n’a pas effacé la proximité. Cet esprit de famille permet de s’imaginer parmi les personnes qui y travaillent. La consultation du catalogue rend également tangible l’objectif annoncé : plusieurs prix retiennent l’attention et ramènent la discussion au coût quotidien de l’alimentation.

Plusieurs stagiaires envisagent d’y effectuer un stage ; l’un d’eux souhaite savoir si une embauche serait possible. Ces perspectives prolongent une histoire commencée avant leur arrivée à l’école. Le partenariat se transmet ainsi d’une promotion à l’autre, avec de nouveaux visages et de nouveaux projets. L’entreprise a grandi ; le chemin qui la relie aux jeunes de l’E2C93 est resté court.

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