Erasmus+ : l’Europe se construit aussi par la rencontre
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la construction européenne porte une ambition : rapprocher des pays longtemps ennemis pour rendre une nouvelle guerre impossible. En 1950, la déclaration Schuman propose d’avancer par des réalisations concrètes, capables de créer une « solidarité de fait ». Erasmus+ prolonge aujourd’hui, à son échelle, cette démarche en donnant à la rencontre et à l’apprentissage une place dans la construction européenne.
Comment défendre une idée dans une langue qui n’est pas la sienne ? Comprendre une objection, trouver une formulation acceptable pour des personnes venues d’autres pays ? Derrière un séjour européen, il y a cette expérience concrète : découvrir ce que demande le fait de construire quelque chose ensemble.
C’est l’ambition du hackathon « Youth for Climate! », proposé par les Jeunes Européens – France dans le cadre du projet Erasmus+ GENERACTION. Annoncé les 26 et 27 octobre 2026 à Bruxelles, en partenariat avec le Comité économique et social européen, il devait réunir une quarantaine de jeunes de France, d’Espagne, du Danemark et de Hongrie. Cinq places ont été proposées aux stagiaires de l’E2C93 de Pantin.
Ce temps de travail collectif vise la rédaction d’un manifeste de la jeunesse pour le climat, avec l’appui d’experts, de représentants de la société civile et de décideurs publics. Les propositions doivent ensuite alimenter une campagne de plaidoyer auprès de responsables nationaux et européens.
L’intérêt pédagogique tient aussi au chemin parcouru. Une préoccupation partagée ne produit pas immédiatement une position commune. Il faut confronter les priorités, défendre une proposition et accepter de la retravailler. Une manière d’approcher les exigences de la délibération démocratique : donner des raisons, écouter celles des autres et chercher un accord.
Une culture commune peut prendre forme dans des échanges modestes : comprendre une référence inconnue, découvrir une autre manière d’aborder un problème, surmonter une difficulté de langue. Le sentiment d’appartenance se nourrit de ces expériences, sans exiger que chacun abandonne son histoire ou ses désaccords.
Pour l’E2C93, cette ouverture prolonge le parcours citoyen des stagiaires. Elle leur permet d’aborder les enjeux européens depuis une place active, avec des idées à examiner et une contribution à élaborer. L’anglais trouve une fonction immédiate : se comprendre pour avancer ensemble. La prise en charge annoncée du transport, de l’hébergement et des repas contribue à rendre cette expérience accessible.
L’Europe peut sembler lointaine lorsqu’elle se présente à travers ses institutions et ses décisions. Rencontrer d’autres jeunes autour d’une tâche commune lui donne une autre réalité : celle de personnes avec lesquelles apprendre à penser et à agir.