Il y a quelques mois, les stagiaires du site de Rosny-sous-Bois se sont lancés dans un projet un peu fou : fabriquer leur propre borne de jeux d’arcade. De l’idée de départ jusqu’à la machine finale — celle sur laquelle on peut vraiment jouer — tout a été fait sur place, mise à part les découpes de bois, dans le cadre d’un atelier conçu par Ludovic Raveneau, formateur référent numérique.
Très vite, l’atelier s’est transformé en véritable terrain d’expérimentation. Il a fallu imaginer la forme, découper le bois, assembler, ajuster, percer, fixer… puis passer à d’autres univers : créer certaines pièces en impression 3D, brancher les composants, comprendre l’électronique, installer les jeux, programmer, peindre. Bref, toucher à tout — et surtout apprendre en faisant.
Ce genre de projet change complètement la manière d’apprendre. Ici, pas de théorie déconnectée : chaque geste compte, chaque erreur sert, chaque problème pousse à trouver une solution. On progresse vite, sans toujours s’en rendre compte, et surtout ensemble. Parce que la borne n’est pas l’œuvre d’une seule personne, mais d’un groupe qui avance, s’entraide, se motive.
Et puis il y a ce moment particulier : celui où tout fonctionne. Où l’objet prend vie. Là, il ne s’agit plus seulement d’un exercice, mais d’une vraie réalisation, concrète, visible, dont on peut être très fier.
Ce projet illustre, de manière très concrète, la force de l’approche par compétences (APC), aujourd’hui au cœur de la pédagogie des Écoles de la deuxième chance. À l’E2C93, cette dynamique est désormais pleinement intégrée : apprendre en situation réelle, mobiliser des savoir-faire variés, développer son autonomie et sa capacité à aller au bout d’un projet. La borne d’arcade en est une belle démonstration — un objet ludique, certes, mais surtout un formidable levier d’apprentissage.