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Le Parisien, 12 avril 2008
«En avoir très vite une par département»

Sous un soleil radieux et tout sourire, Bernard Laporte, le secrétaire d’Etat chargé des sports, de la jeunesse et de la vie associative a débarqué hier à 9 heures 30 à l’école de la 2ème chance (E2C) de la Plaine Saint-Denis. Celle-ci accueille depuis octobre 2002 près de soixante-dix jeunes de 18 à 25 ans, sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification. Le réseau des E2C, lancé en 1997 par Edith Cresson alors commissaire européen, leur dispense une formation individualisée en alternance avec des stages en entreprises, dans le but de les aider à trouver un emploi ou à reprendre des études.

« Je trouve très bien qu’on leur offre une deuxième opportunité. Moi-même, je n’ai pas eu un cursus extraordinaire. L’objectif consiste à avoir très vite une école par département. Je compte multiplier par quatre le nombre de personnes accueillies dans les E2C d’ici à 2012 », déclare l’ancien entraîneur du XV de France. Une annonce qui complète les déclarations de Nicolas Sarkozy lors de la présentation du plan pour les banlieues en février, au cours de laquelle il avait souhaité voir ces établissements « généralisés ».

A condition que l’argent ne fasse pas défaut, comme l’ont regretté élus et responsables du 93. « Nous dépensons trop d’énergie à rechercher des financements », regrette Claude Pernès, maire Nouveau centre de Rosny-sous-bois, qui a accueilli le ministre avec notamment le Président de Plaine Commune, Patrick Braouezec (PC), député, et Didier Paillard, le maire communiste de Saint-Denis. « Ce n’est pas très sécurisant de ne pas savoir comment on va payer les 57 salariés ». En cause, la baisse depuis plusieurs années de la taxe professionnelle. « Il faut que l’Etat participe au financement pour pérenniser le dispositif », souligne Georges Guilbert, le Président départemental de l’E2C, « il y a urgence ! ».

Bernard Laporte a cependant dévoilé plusieurs propositions pour développer les E2C. Il mise entre autres sur le mécénat pour accroître les ressources et sur la mise en place d’un « certificat national de compétences » qui valoriserait le parcours des jeunes. Les bons résultats de l’E2C dans la Seine-Saint-Denis (67 % des sortants ont trouvé un emploi ou repris des études en 2007) et ses discussions chaleureuses avec les étudiants ont semble-t-il convaincu le secrétaire d’Etat. Elodie, Diouma, Marlène et Araba, âgées de 19 à 24 ans, ont retrouvé ici le goût d’apprendre et l’espoir de commencer bientôt leur vie professionnelle. « Les divisions, je n’ai jamais su faire », rigole Diouma. « Depuis que je suis là, j’y arrive ! ».

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