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Ecole
de la Deuxième Chance
en Seine-Saint-Denis
DOSSIER DE PRESENTATION
Octobre 2001
ECOLE DE LA DEUXIEME CHANCE -
E2C
6, mail Maurice de Fontenay, 93126 La Courneuve Cedex Tél. 01
48 36 51 50 - Fax. 01 48 36 01 73
e-mail: contact@e2c93.fr
site : http://www.e2c93.fr
SOMMAIRE
Introduction
I - LES GRANDES
CARACTERISTIQUES DU PROJET E2C93
1. Une action de partenariat
| A. |
Un constat partagé dans le
93 |
|
| B. |
Le Comité de pilotage - l’Association |
|
| C. |
La place essentielle des acteurs économiques |
|
2. Une conception de réseau
| A. |
Dans le réseau des E2C au plan
européen |
|
| B. |
Complémentarité avec les dispositifs
existants |
|
| C. |
L’E2C 93 est elle-même un réseau.
|
|
II - LES PRINCIPES
DE FONCTIONNEMENT
1 . Une réponse
spécifique pour un public spécifique
| A. |
Quel est le public ? |
|
| B. |
L’E2C est une école |
|
| C. |
Une notion de durée |
|
| D. |
Le partenariat école-entreprise est l’axe
central. |
|
2. Une pédagogie tournée vers la conquête
de l’autonomie
| A. |
Individualisation - Usage des Technologies
de l’Information et de la Communication |
|
| B. |
Savoirs et compétences |
|
| C. |
Projet / Parcours. |
|
III - LE PARCOURS
VERS L’INSERTION PROFESSIONNELLE
| Phase 1 |
Positionnement - compréhension |
|
| Phase 2 |
Former le projet, acquérir un socle de
savoirs et compétences |
|
| Phase 3 |
S’engager dans la vie professionnelle. |
|
IV - LES CONDITIONS
DE MISE EN ŒUVRE
| 1. |
Partir de premiers sites : La Courneuve
puis Rosny… |
|
| 2. |
L’ Equipe de l’E2C |
|
Conclusion

Introduction
Avec l’Ecole de la Deuxième
Chance en Seine-Saint-Denis (E2C 93),
les partenaires du projet, en premier lieu les villes
et les acteurs économiques, faisant suite à
l’initiative de la Chambre de Commerce et d'Industrie
de Paris Seine-Saint-Denis (CCIP 93), cherchent à
résoudre une contradiction majeure, celle du
décalage entre le dynamisme économique
d’un département offreur d’emplois
et le fait que des milliers de jeunes de ce département
n’accèdent pas au travail salarié,
le plus souvent parce qu’ils n’ont acquis
ni les savoirs ni les compétences minima.
La préoccupation économique recouvre la
préoccupation sociale car le risque existe qu’une
proportion non négligeable de la population de
jeunes du département n’ait jamais accès
au monde du travail, avec ce que cela suppose de problèmes
de dépendance, d’exclusion pour les individus
et les familles et d’effets sur la vie de la cité.
Donner une Deuxième Chance, c’est donc
apporter des moyens à des jeunes et jeunes adultes
menacés d’exclusion de reprendre pied en
formulant puis en réussissant un projet personnel
professionnel. Cette action d’insertion est abordée,
comme on le verra, dans un certain état d’esprit
:
- Les jeunes doivent être volontaires :
Ils doivent vouloir cette deuxième chance : des
efforts importants leur seront demandés.
- L’Ecole de la Deuxième
Chance, cette « autre école » cherchera
à s’appuyer sur les qualités des
jeunes, les compétences déjà mises
en œuvre, les points forts révélés
par leur histoire personnelle pour dégager, dans
la durée parfois, les pistes de réussite
personnelle.
- La place des entreprises, petites
et grandes, sera déterminante à tous les
moments du projet pédagogique de l’E2C.
- L’objectif est de déboucher
sur l’emploi, mais un emploi durable qui implique
reconnaissance professionnelle et accès au métier.
L’Ecole de la Deuxième Chance, s’inscrivant
dans le réseau européen constitué
dans plus de 10 pays, viendra donc renforcer le travail
d’insertion déjà pris en charge
par de nombreux opérateurs sur le département
de la Seine-Saint-Denis pour, à leurs côtés,
ouvrir de nouvelles voies.
I - LES GRANDES
CARACTERISTIQUES DU PROJET E2C 93
1. Une action
de partenariat
Le projet de l’E2C 93 s’est construit à
partir d’un constat établi par les différents
acteurs institutionnels et économiques du département.
A. Un constat partagé
dans le 93
Comme l’observation en a été
faite maintes fois, le retour de la croissance n’a
pas entraîné la disparition des situations
d’exclusion. Ce constat s’applique particulièrement
à la Seine-Saint-Denis où l’exclusion
concerne à la fois des territoires et des populations
malgré un développement économique
significatif.
La Seine-Saint-Denis compte deux aéroports
internationaux, deux parcs internationaux d’expositions,
des pôles économiques majeurs comme La
Plaine Saint Denis, la zone d’activités
de Roissy et Garonor, le quartier d’affaires de
Marne la Vallée (Noisy-Mont d’Est), etc…
Mais c’est également l’un des départements
français qui compte le plus de quartiers en difficulté
(plus de la moitié des communes du 93 est concernée
par la Politique de la Ville), deux zones franches urbaines,
quinze zones de redynamisation urbaines, trente six
quartiers classés en zone urbaine sensible, etc…
Bien que la situation de l’emploi
se soit améliorée en Seine-Saint-Denis
comme partout ailleurs, puisque le taux de chômage
est passé de 13,8% fin 99 à 11,5 % fin
2000, celui-ci reste sans commune mesure avec celui
des Yvelines et de l’Essonne, par exemple, inférieur
à 6 %.
A l’opposé, les entreprises
(41.000 en Seine-Saint-Denis) ne parviennent pas à
recruter les salariés dont elles ont besoin,
spécialement aux premiers niveaux de qualification
(IV et V).
Cette donnée a été
confirmée par une enquête réalisée
en juin 2000 par l’Observatoire de la Formation,
de l’Emploi et des Métiers de la CCIP (OFEM),
auprès de 400 entreprises du 93, sur leurs besoins
en recrutement et en compétences pour des postes
peu qualifiés. 31 % des entreprises interrogées
sont prêtes à recruter du personnel de
faible qualification -dont 60 % en CDI- et parmi elles
40 % anticipent des difficultés de recrutement
et s’inquiètent du manque de motivation
des candidats, de l’insuffisance des connaissances
de base, des problèmes de comportement…
Des zones à fort potentiel économique
voisinent avec des poches de sous-développement.
Des entreprises ne parviennent pas à recruter
tandis que des personnes sont exclues durablement du
monde du travail faute d’être « employables
». Les « fractures » de ce département
sont flagrantes.
Les villes, de leur côté,
sont confrontées directement à ces phénomènes
et cherchent à y faire face. Comment apporter
une réponse à cette catégorie de
leur population qui ne bénéficie pas de
la reprise économique et qui se retrouve dans
une absence totale de perspective individuelle, voire
dans une dépendance et souvent « en galère
», en particulier dans les quartiers dits en «
difficulté » du département ? Comment
ouvrir des voies de réussite personnelle à
des jeunes, sortis parfois depuis longtemps du système
scolaire, et qui ne sont pas touchés par les
dispositifs classiques d’insertion ?
Derrière ces questions, se profile
la question de l’équilibre social de nombreux
quartiers, défi quotidien pour nombre d’élus.
C’est en réponse à
cette situation et à partir des expériences
déjà engagées dans différentes
villes européennes, que l’idée d’une
« Ecole de la Deuxième Chance » a
pris corps en Seine-Saint-Denis.
Dans le cadre de l’appel à
projets pour les Fonds Structurels Européens,
la CCIP 93, rejoignant les préoccupations de
nombreux autres acteurs du département, a proposé
la création d’une Ecole de la Deuxième
Chance en Seine-Saint-Denis, destinée à
des jeunes et jeunes adultes sortis du système
scolaire sans diplôme ni qualification. Comme
nous le verrons plus loin, l’intention n’est
pas de concurrencer les dispositifs d’insertion
existants mais de les compléter par la mise en
œuvre d’un projet, d’autant plus innovant
qu’il est soutenu par les acteurs économiques.
B. Le Comité de
pilotage - l’Association
Une première exigence s’imposait,
celle de construire un partenariat large autour de l’objectif
de l’Ecole de la Deuxième Chance.
Progressivement, autour de la CCIP
et des villes, divers partenaires institutionnels et
professionnels concernés par la problématique
de l’insertion en Seine-Saint-Denis, se sont associés
au projet :
L'Education Nationale, préoccupée
par la question de la sortie du système scolaire
de jeunes sans qualification (et qui agit dans ce domaine
avec la MGIEN, Mission Générale d'Insertion
de l'Education Nationale), a considéré
que le dispositif d'une Ecole de la Deuxième
Chance se développait de façon cohérente
en aval de son action. Aussi a-t-elle très tôt
apporté son soutien, l'expérience de ses
pédagogues et de ses réseaux, sans exclure
la mise à disposition de personnels.
Le Conseil Régional et le Conseil
Général n'ont pas manqué de s'impliquer.
Ce sont en effet les premiers concernés par les
actions de formation, d'insertion professionnelle et
de soutien aux publics en difficulté, chargés
aussi d'assurer la cohérence et le financement
des dispositifs. Leur action sera déterminante.
D'autres partenaires ont rejoint le
Comité de pilotage dont la composition est actuellement
la suivante :
- La Chambre de Commerce et d’Industrie
de Paris (Délégation 93 et Direction de
l’Enseignement),
- La Chambre des Métiers de Seine Saint Denis
- L’Éducation Nationale,
- Le MEDEF 93,
- Les villes volontaires pour s’engager dans la
création d’un site de l’école
: La Courneuve, Rosny-Sous-Bois, la Communauté
d'agglomération « Plaine Commune »,
Bondy, Bobigny.
- Le Conseil Général de Seine-Saint-Denis,
- Le Conseil Régional d’Ile de France,
- La Préfecture,
- La DDTEFP,
- L’ANPE.
Plusieurs grandes entreprises publiques
et privées ont affirmé leur intention
de s’associer au projet.
De nombreux débats ont eu lieu
pour aboutir en fin de compte, après trois réunions
du « Comité de pilotage », à
un consensus sur le concept proposé pour une
Ecole de la Deuxième Chance.
Il s’agirait bien d’une
« école », lieu d’acquisition
de savoirs mais aussi de compétences :
- s’adressant à des jeunes
et jeunes adultes sortis du système scolaire,
volontaires, sans diplôme ni qualification,
- conçue comme un ensemble de sites distincts
accueillis par différentes communes de la Seine-Saint-Denis,
- accordant une place décisive à l’implication
des entreprises, notamment dans le cadre d’une
alternance école / entreprises,
- mettant en œuvre des méthodes pédagogiques
innovantes (individualisation, usage des TIC) dans la
recherche d’une nouvelle motivation des jeunes
pour leur réussite personnelle et professionnelle.
Afin d’assurer les conditions de fonctionnement
de la future entité, il est convenu que le Comité
de pilotage constituera l’organe d’orientation
de l’E2C, ayant à se prononcer sur les
principales décisions de développement
ou de choix pédagogiques. La gestion courante
de l’E2C sera confiée à une Association
Loi 1901 à laquelle pourront participer ceux
qui le souhaitent (ou le peuvent légalement)
parmi les membres du Comité de pilotage et, dans
tous les cas, les représentants des villes accueillant
des sites de l’E2C 93, ceux du monde de l’entreprise
et des personnalités qualifiées.
Ce dispositif présente deux
avantages : la position d’acteur de chacun des
partenaires est maintenue, la souplesse et la réactivité
de gestion sont assurées.
C. La place essentielle
des acteurs économiques
L’aspect le plus notable du dispositif
proposé par l’Ecole de la Deuxième
Chance est bien l’implication forte du monde des
entreprises. La présence déterminante
de la CCIP, celle du MEDEF, l’intérêt
affirmé par de grandes ou petites entreprises,
attestent de l’inquiétude majeure des acteurs
économiques devant l’inadéquation
d’une partie non négligeable des jeunes
générations du 93 à l’emploi.
Mais cette implication devra être concrétisée,
visible, matérialisée dans une aide multiforme
qui pourra être apportée par les entreprises
à l’E2C 93.
Les déclinaisons de l’action des entreprises
seront nombreuses :
- Intervention dans l’E2C à
titre de conseil ou pour des prestations.
- Accueil de stagiaires.
- Parrainage de jeunes.
- Participation aux réunions, colloques, manifestations
organisés par l’E2C.
- Financement.
- Recrutement.
L’enjeu est en effet que les
acteurs économiques du 93 affirment, avec d’autres,
leur rôle de « porteurs » de ce projet.
2. Une conception
de réseau
A. Dans le réseau
de l’E2C 93 au plan européen
L’E2C Seine-Saint-Denis s’inscrit
d’emblée dans le réseau européen
des Ecoles de la Deuxième Chance, présidé
par le Maire de Marseille, Monsieur Jean-Claude GAUDIN
et dans lequel Madame Edith CRESSON s’est impliquée
largement. Ce réseau regroupe désormais
plus de quinze sites en Europe parmi lesquels : Bilbao,
Cologne, Marseille, Barcelone, Athènes, Catane,
Leeds, Halle, …
Une fondation des E2C françaises est en cours
de constitution (Marseille, Mulhouse, Châlons
en Champagne, Seine-St-Denis…).
Bien des différences sont observables
selon les villes et les pays concernés, qui tiennent
aux structures locales d’éducation, aux
publics ou encore aux choix pédagogiques. Mais
une préoccupation commune apparaît dans
tous les cas, celle de rechercher des solutions innovantes
qui aient vocation à constituer des points d’appui
pour d’autres expériences à créer.
Cette dimension européenne, formelle dans une
première phase, pourrait assez vite déboucher
- comme l’expérience de Marseille le montre
- sur des échanges fructueux et des premiers
essais de mobilité géographique des jeunes,
et sur des relations fortes grâce à internet.
B. Complémentarité
avec les dispositifs existants
Le Comité de pilotage de l’E2C
93 et en son sein le Conseil régional d’Ile
de France, se sont préoccupés très
tôt que l’Ecole de la Deuxième Chance
ne vienne pas déstabiliser les dispositifs d’insertion
déjà mis en place, dont certains depuis
plusieurs années et avec un succès notable.
Les publics touchés sont en effet souvent proches.
Aussi est-il indispensable que l’Ecole de la Deuxième
Chance apporte une plus-value aux dispositifs existants
par l’apport d’éléments de
différenciation significatifs.
Parmi ces derniers on peut noter :
- Le parcours sur la durée sur un même
site et avec les mêmes intervenants, donc sans
rupture.
- Le concept « d’école ».
- La place décisive occupée par les entreprises.
- L’intégration dans un réseau européen
et national, etc…
Dans une situation où de nombreux
jeunes hésitent à s’inscrire dans
les dispositifs qui sont censés les accueillir,
ces éléments de différenciation
peuvent constituer des leviers pour éveiller
l’intérêt et mobiliser une population
nouvelle.
Tel est le premier enjeu.
Le second est que l’E2C établisse
des liens de collaboration et de soutien, d’abord
avec les prescripteurs et en premier lieu les missions
locales, mais également avec tous les réseaux
existants : organismes de formation ou d’insertion,
associations, clubs sportifs, clubs de prévention,
services municipaux….
C’est ainsi que les deux premières
municipalités candidates pour l’E2C, La
Courneuve et Rosny Sous Bois, ont commencé à
mobiliser autour de ce projet le tissu associatif et
institutionnel local.
C. L’E2C 93 est
elle-même un réseau
Les visites effectuées dans
plusieurs E2C en Europe et à Marseille qui représente
l’expérience la plus ancienne en France
(1997) et la plus aboutie, ont permis, après
débat lors des Comités de pilotage, de
dessiner des contours spécifiques à l’E2C
de Seine-Saint-Denis.
Plusieurs préoccupations ont été
prises en compte :
- La réalité, dans le
département, de bassins d’emploi et territoriaux
distincts.
- Les conditions de transports collectifs.
- Le sentiment d’appartenance des jeunes à
des sites urbains.
- La volonté de plusieurs municipalités
d’être elles-mêmes actrices dans la
création d’une Ecole de la Deuxième
Chance inscrite dans la vie communale ou intercommunale
de proximité.
- L’inconvénient de regrouper des effectifs
trop importants de jeunes en difficulté sur un
même site.
Dans ces conditions, l’orientation a été
prise de constituer l’Ecole de la Deuxième
Chance comme un réseau de sites distincts, accueillant
chacun des effectifs limités (de 30 à
80 jeunes) et placés sous une direction pédagogique
unique. Comme on le verra plus loin, cette organisation
en réseau renforce le caractère expérimental
du projet et permettra des échanges fructueux
entre équipes pédagogiques.
Cette pratique de réseau permet
également de multiplier les partenariats avec
les intervenants locaux et de constituer, à partir
des sites de l’Ecole de la Deuxième Chance,
un maillage serré au plan départemental.
II -
LES PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT
1 . Une
réponse spécifique pour un public spécifique
A. Quel est le public ?
L’E2C 93 concerne tous les publics de jeunes,
sans moyen d’insertion professionnelle, de faible
niveau scolaire - et quel que soit ce niveau - ayant
quitté le système scolaire depuis au moins
deux années. Plusieurs conditions d’accès
paraissent devoir cependant être posées.
D’abord et surtout, il doit s’agir pour
le jeune d’un choix personnel de s’engager
désormais dans une phase de formation et d’insertion.
Le degré d’engagement sera observé
lors de la première phase d’accueil de
l’E2C 93 et constituera la condition sine qua
non à la poursuite du parcours.
Des conditions d’âge seront
ensuite requises, de 18 à 26 ans en principe,
bien que le Comité de pilotage ait admis que
des dérogations puissent être acceptées.
Non seulement ces limites d’âge permettent
de s’inscrire dans les dispositifs d’insertion
et de formation actuels, mais elles visent aussi à
mieux cerner la cible : jeunes sortis de l’obligation
scolaire - majeurs - c’est-à-dire de jeunes
adultes. Un effort particulier sera engagé pour
faciliter l’accueil des jeunes filles.
Enfin, l’E2C ne pourra accueillir
des jeunes dont l’inadaptation sociale ou psychologique
demanderait l’intervention de structures médicalisées
ou spécialisées.
B. L’E2C 93 est
une école
L’appellation d'«école
» pour l’E2C a parfois été
discutée. En se référant à
ce terme, il est d’abord question de s’intégrer
dans le réseau européen des « Ecoles
de la Deuxième Chance ». Mais il donne
bien sa physionomie à la structure nouvelle qui
doit être bâtie.
C’est une école en effet à plusieurs
titres :
- Il s’agit bien, pour les jeunes
qui l’intègrent, de « retourner à
l’école », c’est-à-dire
de renouer avec l’ambition d’accéder
au savoir et à la qualification, après
avoir vécu échecs ou ruptures.
- L’E2C représente aussi pour les jeunes
des contraintes et des obligations : respect des règles
de vie collective, ponctualité, acceptation de
l’autorité.
- C’est enfin un lieu d’apprentissage, d’acquisition
des savoirs et de compétences, dans un rapport
avec des formateurs mais aussi dans une relation étroite
avec des entreprises.
C. Une notion de durée
L’une des particularités
du dispositif d’insertion proposé par l’E2C
est de s’inscrire dans la durée, c’est-à-dire
le temps nécessaire, variable selon les personnes,
à l’accompagnement vers la solution de
formation ou d’intégration professionnelle
: six mois pour certains, plus de deux années
sans doute pour d’autres. Tout dépendra
du niveau initial, des délais pour faire émerger
un projet, de la nature de ce projet puis de sa concrétisation
: entrée directe dans l’entreprise ou bien
reprise des études, le plus souvent à
visée directement professionnelle.
D. Le partenariat école-entreprise
est l’axe central
La place des entreprises dans l’action
de l’E2C constitue le point fort de son identité
et donc du projet pédagogique mis en œuvre.
Comme on l’a vu, cette présence des entreprises
aura à s’incarner de nombreuses façons
: participation à l’Association E2C, contribution
à l’élaboration du projet pédagogique
et à ses évolutions, présence d’intervenants
des entreprises auprès des jeunes. Mais c’est
surtout la mise en pratique d’une formation en
alternance entre l’école et l’entreprise
qui positionnera le monde des entreprises comme co-acteur
de l’E2C.
Sur ce plan, l’E2C s’inspirera largement
de l’expérience acquise par les Centres
de Formation d’Apprentis. Avec l’alternance,
en effet, chacun des acteurs peut tirer des bénéfices
:
- Pour les jeunes, l’avantage
d’une familiarisation progressive avec la vie
des entreprises, l’occasion de rencontres humaines
qui redonnent confiance, un sentiment d’utilité
…
- Pour l’E2C, la certitude de
rester bien en contact avec la réalité
du fonctionnement des entreprises et de leurs contraintes.
- Pour les entreprises enfin, c’est
le moyen de tester des jeunes par une intégration
conduite dans la durée et pouvant déboucher
sur un recrutement en connaissance de cause.
Mais le chantier principal qui attend
l’E2C et ses équipes est d’instaurer
autrement que d’une façon formelle le rapport
étroit qui devra être établi par
le jeune entre son activité en entreprise et
son projet de formation et de développement personnel.
Dans ce cadre, un travail de « reconnaissance
des compétences acquises » constituera
l’un des outils essentiels de l’accompagnement
du jeune pour l’aider à formaliser, synthétiser,
juger, tirer parti de toutes les situations de travail
en entreprise et dans l’E2C elle-même.
Autre enjeu également, la disponibilité
des entreprises pour accepter le dispositif de fonctionnement
de l’alternance que l’E2C aura à
mettre en place :
- visites de formateurs en entreprise,
- stages de découverte de l'entreprise,
- stages plus longs (1 à 2 semaines par mois)
avec implication dans l’activité de l’entreprise,
- réunions communes E2C/représentants
des entreprises,
- construction d’outils de liaison.
La finalité étant de
déboucher sur l’engagement des jeunes par
les entreprises.
2. Une pédagogie
tournée vers la conquête de l’autonomie
A. Individualisation - Usage
des Technologies de l’Information et de la Communication
Le principe de l’individualisation
est retenu pour tout ce qui concerne l’acquisition
de savoirs par les jeunes. Cela paraît en effet
une obligation si l’on prend en considération
:
- l’hétérogénéité
des jeunes accueillis à l’E2C,
- le principe d’une rentrée en continu
dans le dispositif.
Mais cela correspond aussi à
la conviction de la nécessité, pour chacun
des jeunes, de se placer en situation d’acteur
de sa propre formation, vers la conquête de son
autonomie.
Des outils seront donc créés (ou utilisés
s’ils ont déjà été
conçus) afin de leur fournir, selon leur niveau,
des ressources pédagogiques pour se former eux-mêmes,
avec l’aide d’enseignants et de formateurs
pour les guider, les soutenir, les conseiller.
Dans ce cadre, la pratique des Technologies
de l’information et de la communication sera largement
développée, non seulement parce que l’outil
informatique constitue une réponse adaptée
à l’individualisation de l’enseignement,
mais aussi parce que l’expérience montre
combien les outils multimédias, notamment internet,
sont appropriés rapidement par les jeunes comme
moyen pour communiquer et s’informer. Il s’agit
donc d’un levier important pour établir
un dialogue avec les jeunes et permettre leur mobilisation
dans des domaines qui ne soient pas seulement ludiques.
L’E2C profitera dans ce domaine du travail accompli
dans d’autres structures et notamment :
- « Permis de conduire »
Internet : acquisition des savoirs de base qui permettent
une utilisation pertinente des différents outils,
sanctionnée par le passage d'un permis.
- Dispositif d’auto-évaluation des compétences
dans l’accès et le traitement de l’information.
- Dialogue avec d’autres institutions ou communautés
(dans le cadre de l'association européenne des
villes accueillant des Ecoles de la Deuxième
Chance).
L’accent mis sur l’individualisation
de la formation ne doit pas conduire à mésestimer
l’importance des aspects collectifs dans l’éducation
personnelle et professionnelle. Aussi l’individualisation
- qui suppose le travail personnel et assidu du jeune
sur des objectifs qu’il s’est donné
- sera-t-elle toujours conduite en relation avec des
phases de coopération entre les jeunes.
B. Savoirs et compétences
Le projet de l’E2C oblige à
formuler de façon spécifique l’articulation
savoirs/compétences pour en tirer des conclusions
pratiques en matière de pédagogie :
- En premier lieu, en relation avec
l’existence de « métiers porteurs
» en terme d’emploi ; une récente
étude de l’OFEM confirme que nombre de
ces métiers supposent de fortes compétences
sans qu’une très forte qualification soit
toujours indispensable (par exemple : chauffeur livreur,
agent de gestion d’immeubles, et en général
de nombreux métiers de services…).
- Ensuite, en relation avec le public
de l’E2C lui-même ; il est probable que
la majorité de ces jeunes ne pourra accéder
à un fort niveau de savoir et de qualification,
en tout cas dans une première étape de
leur vie professionnelle.
L'E2C devrait alors se centrer sur un double objectif
: aider chacun d'eux, d’une part, à constituer
un niveau minimum de savoir qui permette son employabilité
et, d’autre part, à mettre en action des
compétences diverses attendues par les entreprises,
et qui permettent en conséquence aux jeunes de
se valoriser.
On notera aussi la nécessité
de s’appuyer sur toutes les capacités et
compétences déjà développées
par les jeunes avant d’entrer dans l’E2C
(loisirs, intégration dans l’économie
informelle, etc…) et qui pourront constituer un
point d’appui dans le déploiement de leurs
potentialités.
Dans ces conditions, il paraît
indispensable d’accorder dans l’E2C une
grande importance au développement des compétences
dites générales ou transversales ou encore
comportementales (autonomie - aptitude au contact -
capacité de travail en équipe - organisation,
etc…), d’autre part de mettre en œuvre
un dispositif, lisible par les jeunes eux-mêmes,
qui permette l’évaluation (et l’auto-évaluation)
de ces compétences.
La forme concrète pourrait être
la construction d’un système de validation
des compétences, propre à l’E2C
mais bénéficiant de la collaboration de
représentants des entreprises, organisé
autour d’un « portefeuille de compétences
». Ce « portefeuille » présenterait
les preuves tangibles de tous les acquis, savoirs, expériences,
réussites de chacun des jeunes.
C. Projet / Parcours
S’engager dans un projet personnel
et professionnel, tel est bien l’enjeu pour les
jeunes de l’E2C. Mais cette mise en projet ne
va pas de soi. C’est de l’ordre d’une
conquête (autant pour eux que pour les formateurs
qui les accompagnent). Plusieurs notions paraissent
ici déterminantes pour guider l’action
de l’équipe pédagogique :
Confiance :
Pour des jeunes dont l’image
de soi est souvent dégradée par la succession
d’échecs, mais aussi par le sentiment d’un
avenir fermé, il est indispensable de rétablir
d’abord des liens de confiance en eux-mêmes.
Etablir aussi des liens de confiance entre les jeunes
et l’institution de l’E2C, son encadrement
et puis progressivement avec le monde professionnel.
Il s’agira en fait d’un
mouvement d’élargissement et d’appropriation
de leur environnement social. La création des
conditions les plus favorables à ce mouvement
demandera de la part de l’E2C un état d’esprit
particulier : bienveillance, écoute, exigence
des formateurs d’une part, mise en place d’une
« pédagogie de la réussite »
d’autre part, plaçant chacun des jeunes
dès son entrée dans l’E2C en situation
de confrontation avec des tâches, enjeux, difficultés
qu’il pourra maîtriser.
Collectif :
L’expérience de tous les
dispositifs d’insertion montre combien les phases
collectives sont déterminantes pour aider à
l’émergence puis à la consolidation
du projet. Non seulement le regard des autres sert de
point d’appui et de référence, mais
encore le contact avec le groupe oblige à une
formalisation et à une explicitation auxquelles
le jeune doit s’astreindre.
Aussi, sera-t-il essentiel que toute la période
de l’élaboration du projet s’organise
bien dans une combinaison d’efforts personnels,
de contacts individuels (avec le tuteur en entreprise
ou le formateur référent) et de régulation
du groupe de vie (5 à 10 jeunes), groupe qui
sera rendu acteur du projet de chacun de ses membres.
Parcours
:
Le dispositif de l’E2C s’établissant
sur la durée inclut l’idée d’un
parcours vers l’insertion professionnelle. Ce
parcours sera constitué d'étapes, d'approximations
successives, d’essais… Sans doute faudra-t-il
dans certains cas, remettre en cause des projets formés
dans une phase initiale mais qui ne se révèleront
pas, à l’expérience, pertinents.
L’essentiel est que ce parcours soit bien celui
du jeune, qu’il en assure la conduite en ayant
conscience de pouvoir s’appuyer sur les ressources
disponibles au sein de l’E2C. A la notion d’assistance
sera donc opposée celle d’accès
à la responsabilité. Cette notion est
essentielle, y compris quand il s’agira de placer
l’élève de l’E2C en situation
de résoudre les difficultés matérielles
et administratives auxquelles il sera confronté
(santé, aide sociale, logement)…
III - LE PARCOURS
VERS L’INSERTION PROFESSIONNELLE : LE DESCRIPTIF
Phase
1 : Positionnement - Compréhension
Cette phase correspond à la phase d’accueil
dans l’E2C. Il s’agit de la période
de prise de contact mais aussi de bilan qui débouche
sur l’engagement en connaissance de cause dans
un parcours d’insertion.
Aidé par un référent (formateur)
chaque jeune sera engagé dans un ensemble d’activités,
de situations ou de tâches qui viseront à
apporter des réponses aux questions suivantes
:
- Quel positionnement personnel et
professionnel ?
A partir des expériences professionnelles ou
de formation déjà vécues, quel
est le niveau scolaire actuel : capacité à
lire/écrire/ comprendre un texte, à manipuler
des données quantitatives…
- Quels projets, quelles intentions, quelles envies,
quels regrets ?
- Quelles autres questions à traiter : sociales,
santé, logement, judiciaires…?
- Comment le jeune se comporte-t-il face aux contraintes,
aux règles, aux questions d’autorité,
notamment dans une situation de travail ?
- Possibilité de s’engager dans une activité
de formation.
- Possibilité de s’inscrire dans une collectivité,
à l’intérieur et à l’extérieur
de l’E2C.
Cette première période, d’une durée
d’un mois environ, devrait alors déboucher
:
- Sur l’établissement
d’un contrat bipartite E2C et jeune.
- Sur la formulation d’un certain nombre d’hypothèses
sur les projets professionnels ou de formation à
envisager.
- Sur la confirmation (qui aura été formalisée
dès son entrée dans l’E2C) du statut
de stagiaire de la formation professionnelle, avec une
rémunération.
Phase
2 : Former le projet, acquérir un socle de savoirs
et de compétences
C’est la période centrale, active, du jeune
dans l’E2C.
Il lui faudra à la fois :
- Améliorer son niveau scolaire
et culturel et, d’une façon générale,
ses capacités d’apprentissage.
- Commencer une activité régulière
en entreprise. On passera de stages courts en entreprise,
centrés autour de la découverte de métiers
et d'environnements, à l'organisation d'une véritable
formation en alternance E2C/entreprise.
- Développer ses compétences sur le plan
comportemental et social.
Il s’agit donc d’un effort
important qui sera demandé au jeune et dans lequel
il sera accompagné :
- Par ses formateurs ou ses enseignants.
- Par son référent dans l’E2C, chargé
de l’aider à formaliser puis réussir
son projet.
- Par le ou les tuteurs des entreprises.
Selon le niveau des jeunes, la définition
plus ou moins rapide du projet, les rencontres et les
découvertes dans le monde professionnel, cette
période pourrait varier de 6 mois à plus
d’une année.
Un certain nombre d’outils et
de moyens pédagogiques seront mobilisés
:
- Dispositif de formation individualisée
en maths, français, langues, culture générale.
- Utilisation des méthodes d’évaluation
des compétences selon les métiers, par
exemple l’outil constitué par l’OFEM
et les APP (Ateliers de Pédagogie Personnalisée),
comme préalable à la constitution par
le jeune de son « portefeuille de compétences
».
- Participation à des activités sportives,
culturelles, associatives.
- Mise en situation de travail coopératif (réalisation
de projets).
- Suivi régulier des jeunes en entreprise, collaboration
étroite avec les tuteurs en entreprise.
- Organisation d’une vie collective et citoyenne
de l’E2C : mise en place d’instances de
dialogue et de décision du type « tenir
conseil » ; association aux activités de
représentation et de promotion de l’E2C…
C’est au travers de ces activités
et de ce parcours que se détermineront les conditions
de l’insertion professionnelle de chacun des jeunes,
soit par l’engagement direct dans l’entreprise,
soit, pour certains d’entre eux, par la poursuite
d’une formation professionnelle dans le cadre
d’un contrat d’apprentissage ou de qualification,
soit encore, sans doute de façon exceptionnelle,
par la décision d’une reprise d’études
sans visée professionnelle immédiate.
Phase
3 - S’engager dans la vie professionnelle
C’est la période de confrontation directe
avec le travail salarié en entreprise. L’action
de l’E2C ne doit pas s’arrêter à
cette étape et les liens seront maintenus avec
l’entreprise et/ou le Centre de Formation jusqu’au
moment où l’intégration pourra être
considérée comme établie par une
adéquation jugée satisfaisante entre l’employabilité
du jeune et le poste occupé, pour un emploi durable.
Le lien maintenu avec l’E2C prendra alors des
formes diverses, objet d’une concertation avec
les parties concernées : poursuite de visites
en entreprises de formateurs référents
de l’E2C, relations établies avec le Centre
de Formation. Le principe est que l’E2C puisse
continuer à représenter une ressource
pour les jeunes dans différents domaines (utilisation
des moyens de formation individualisés, conseils
pour le projet professionnel, poursuite de la construction
du portefeuille de compétences, etc…).
IV - LES CONDITIONS
DE MISE EN ŒUVRE
1.
Partir de premiers sites : La Courneuve puis Rosny Sous
Bois …
Le choix de constituer l’E2C comme un réseau
de différents sites, de taille modeste, implantés
dans plusieurs communes du 93, conduit à une
formation progressive de l’E2C. Le principe retenu
est la création de trois premiers sites dans
le cadre d’un plan triennal : La Courneuve, Rosny
Sous Bois d’abord, avant l’implantation
sur une troisième commune qui reste encore à
déterminer.
A l’évidence, cette décision de
création rapprochée fait peser sur l’E2C
en constitution des contraintes fortes puisqu’il
s’agit à chaque fois de sélectionner
puis équiper de nouveaux locaux, former de nouvelles
équipes, s’engager dans une action de développement
en continu. Ce choix s’impose pourtant puisque
de nombreuses municipalités se portent candidates
pour organiser sur leur territoire une Ecole de la Deuxième
Chance, dans un contexte où le sentiment d’urgence
- en matière d’insertion - est ressenti
dans des parties essentielles du territoire de Seine-Saint-Denis.
Les hypothèses sont donc que l'E2C démarre
à La Courneuve en mars 2002, à Rosny Sous
Bois en septembre 2002, un troisième site enfin
étant créé entre mars et juin 2003.
Au cours de cette première phase devront être
prises - en fonction des résultats - les décisions
d’élargissement de l’E2C sur le département.
2.
L'Equipe de l’E2C
Autour d’une petite structure de fonctionnement
central de l’E2C - le directeur, une assistante,
un responsable administratif et financier - seront constituées
les équipes de l’E2C sur chacun des sites.
Quelques principes présideront à la constitution
de ces équipes :
Multi-compétences
La nature diverse des activités de l’E2C
et l’hétérogénéité
des publics imposent que soient disponibles des ressources
et des compétences étendues mais surtout
complémentaires. Au sein de l'équipe,
une certaine répartition des tâches s’établira
entre des enseignants ou formateurs plus centrés
sur la question des savoirs d’une part et des
spécialistes de l’accompagnement du projet
personnel et professionnel des jeunes d’autre
part. Tous auront cependant vocation à se positionner
comme référents des jeunes. Mais il conviendra
aussi de faire intervenir chacun des formateurs dans
d’autres domaines d’action ou de prédilection
: responsabilité du site - multimédia
- animation sociale et culturelle - développement
et veille pédagogique - liaison avec le réseau
E2C etc…
Trois autres personnes permanentes
participeront également à l’équipe
: une assistante pédagogique chargée de
l’accueil, du suivi des conventions et des dossiers,
un chargé du développement des relations
avec les entreprises, ainsi qu’un responsable
de la logistique/entretien/ sécurité/remise
en état des locaux et des équipements.
A côté des intervenants permanents de l’E2C
seront également sollicités d’autres
acteurs en fonction des situations ou des besoins :
assistantes sociales, psychologues, animateurs culturels
ou sportifs, etc… Au total, pour l’accueil
d’un groupe de 50 jeunes, l’équipe
comprendrait 9 personnes dont 6 formateurs ou accompagnateurs
du projet des jeunes.
En plus de la complémentarité
des compétences, l’E2C s’appuiera
sur une exigence de solidarité fondée
sur une compréhension partagée des moyens
et méthodes propres à l’E2C.
Diversité
Le présent document servant
de cadre général, les équipes auront
à s’adapter aux conditions locales et à
leurs particularités : nature du partenariat
avec les dispositifs existants, type des locaux, caractéristiques
du public accueilli, palette des compétences
présentes en interne, etc… Chacune des
équipes aura donc à définir, dans
un échange avec le directeur de l’E2C et
les autres équipes, un projet pédagogique
opérationnel. Cette diversité admise et
encouragée, mieux cette créativité,
participeront au caractère expérimental
de l’E2C.
Sollicitation des partenaires
Les partenaires de l’E2C seront
sollicités à différents titres
pour leur participation à l’encadrement
de l’école : interventions de représentants
des entreprises, mise à disposition de spécialistes
ou de formateurs, interventions d’étudiants
volontaires pour accompagner les jeunes dans certaines
activités (multimédia par exemple) ou
bien pour réaliser des actions de communication
ou de marketing utiles à l’E2C.
Mise en place d’un Groupe d’experts
Plusieurs experts de domaines qui apparaissent
déterminants dans la pratique de l’E2C
seront sollicités pour constituer un groupe de
référence et de validation du projet ou
des projets pédagogiques.
Il s’agira de spécialistes, praticiens
plutôt que théoriciens, dans les domaines
de la conduite de projet, du multimédia et des
TIC, de la politique de la ville, de l’intégration
des publics difficiles, DRH, spécialistes de
l’insertion.
Les débats de ce groupe donneront
lieu à des publications régulières,
comme point d’appui pour la poursuite de la réflexion
théorique et pratique des intervenants de l’E2C.
Ils serviront de point de départ aux nécessaires
actions de formation des enseignants pour s’adapter
à leurs missions (séminaires, recueils
d’expériences, etc..).
Enfin, ce groupe aidera à mettre
en place des modalités d ‘évaluation
des méthodes et des résultats de l’E2C
qui donnent tous les moyens au Comité de pilotage
d’apprécier, à moyen terme, le caractère
concluant de l’expérience et l’intérêt
de la développer…
Conclusion
En exerçant, au sein du Comité de Pilotage,
un rôle fédérateur, la Chambre de
Commerce et d’Industrie de Paris se place sur
un terrain, celui de l’insertion de jeunes en
difficulté, qui ne constitue pas son terrain
d’action habituel.
Mais la situation particulière de la Seine-Saint-Denis,
plus marquée encore que celle des autres départements
franciliens, suppose des initiatives fortes où
la CCIP estime devoir mettre en jeu ses moyens. Elle
entend surtout jouer un rôle d’entraînement
et de mobilisation pour que les milieux de l’entreprise
s’impliquent dans une action qui cherche à
résoudre des difficultés qui les concernent
directement.
La création de l’E2C suppose
le soutien des institutions d’Etat ou territoriales
qui acceptent d’expérimenter de nouvelles
voies non inscrites dans les dispositifs établis.
L’enjeu se situe, bien entendu, sur la question
du financement puisque aussi bien le Conseil Régional,
le Conseil Général, les villes, la Chambre
de Commerce et d’Industrie de Paris, les Entreprises
(taxe d’apprentissage) s’engageront dans
un plan triennal, une contribution du Fonds Social Européen
étant par ailleurs sollicitée.
Ce sera désormais à l'association
E2C, qui sera créée en octobre 2001, de
conduire un projet - expérimental dans une première
étape - qui paraît indispensable à
ses nombreux acteurs.
Contact:
Délégué Général
: Olivier JOSPIN
Directeur administratif et financier: Alain
FRANCOIS
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